DIDOT, Firmin Annibal... Lieu d'édition : Paris Imprimerie : Firmin Didot Date d'édition : 1817 Référence : 498
Le livre :
Annibal, tragédie en cinq actes. par M. Firmin Didot. A Paris. De l'Imprimerie de M. Firmin Didot, Imprimeur du Roi, de l'Institut et de la Marine. 1817
Collation de l'exemplaire :
Grand in-8, 110 pages, 15 pages. Cartonnage maroquiné rouge du temps. (Rousseurs).
Commentaires :
La scène de la tragédie se déroule à Broussa, à environ 100 km à l'ouest de l'ancienne Byzance, devenue aujourd'hui une trépidante ville turque.
Firmin Didot indique dans sa Préface que, se méfiant de la partialité des historiens romains, il a préféré s'en référer aux auteurs grecs, qui "ont pu d'ailleurs avoir connaissance dequelques livres des Carthaginois, livres que d'ailleurs les Romains ont détruits..."
La seconde partie, avec pagination séparée, imprimée dans le très beau caractère anglaise de Petit Parangon de Didot, intitulée : "A mon fils aîné Ambroise Firmin Didot voyageant dans la Troade et dans la Grèce", est d'une réelle importance pour l'histoire de la typographie en Grèce. Le 24 mars 1816, Ambroise Firmin Didot, âgé de 25 ans, secrétaire d'Adamantius Coraï depuis 1808, entreprend le voyage de la Grèce. (Tous les renseignements tirés des paragraphes ci-dessous sont tirés, -ou purement et simplementcités- d'un article d'André Jammes à paraître sur Didot philhellène.)
Profondément attaché à la culture grecque ( lors d'une visite à Rome, à l'âge de 20 ans, il avait ébloui Paul-Louis Courier, qui a mentionné cette rencontre : "Toute la Grèce en parle et fonde sur lui de grandes espérances" ), Ambroise ne quitte pas la France sans embrasser M. de Choiseul-Gouffier.Il a en poche les lettres de recommandation de Coraï, ce qui, rapporte-t-il, "m'a servi bien plus puissamment que les firmans du Grand Seigneur, les boujourdis des Pachas et les encycliques des Patriarches".
C'est au cours de ce voyage, au début de 1817, qu'il séjourne deux mois au Collège de Cydonie, petite ville d'Asie Mineure, l'un des foyers les plus ardents du patriotisme grec. C'est là qu'il rencontre Constantin Dobras, qui l'accompagnera à Paris pour apprendre la fonte et la composition des caractères dans l'atelier familial, et qui sera le prototypographe de Cydonie, sur des presses Didot, avec des caractères fondus dans l'atelier parisien.
Cet atelier, après avoir publié quelques rares plaquettes ou feuilles-volantes, devenues rarissimes,sera entièrement détruit le 15 juin 1821, quand les Turcs incendieront la ville. Dans cette Postface, Firmin Didot fait l'éloge de la typographie et de quelques imprimeurs, tels Alde, Estienne, Benjamin Franklin, Bodoni - pourtant son grand rival -, Stanhope, Haas, Bensley, François Ambroise, Pierre et Henri Didot. Il se félicite que son fils veuille à son retour s'occuper de la gravure de caractères orientaux, et lui affirme qu'il ne faut pas s'interroger sur le rapport commercial d'une telle entreprise, mais seulement sur le rapport de l'art.
Ce texte (placé parfois en Préface) est assurément un des plus belles réussites de Firmin Didot, tant pour l'histoire de la typographie, que pour la démonstration de l'affection et de la confiance d'un père pour son fils.Exemplaire sur grand papier vélin, à toutes marges et non ébarbé. Envoi de l'auteur à Milady Elisabeth Vernon.
(André Jammes, les Didot, n°100 ; renseignements et extraits d'un article à paraître d'André Jammes, intitulé "Didot Philhellène.)
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