La campagne des François en Candie en vers héroï-comiques. En suite l'état du secours de mer et de terre, avec les noms des Officiers et Volontaires qui ont fait cette campagne, y compris les morts et les blessez. Et quelques petites pièces de poésie héroïque. Par le Chevalier de Loutaud.
A Paris, P. Variquet, rue Saint-Jacques, à l'enseigne du Gril, près Saint-Benoît. 1670..
In-12, (9 feuillets signés a5-e4), 132 pages. Plein daim retourné, titre frappé à froid sur le dos. Reliure pastiche moderne, parfaitement établie par H. Dambroise.
Très rare ouvrage dont nous n'avons pu localiser que 4 exemplaires dans les fonds publics : 2 à l'adresse de J.B. Loyson (BNF et BM de Lyon) et 2 à l'adresse de Variquet (BNF et Library of Congress). Pas d'exemplaire dans la Blackmer Collection.
Loutaud, auteur de traductions en vers burlesques de passages d'Homère et d'Ovide, admirateur de Scarron, entreprend de décrire par le menu, presque au jour le jour, en près de 2500 octosyllabes "héroï-comiques" (à vrai dire plus héroïques que comiques, parce qu'à l'impossible nul n'est tenu) les événements tragiques de l'échec militaire des Français en Crète, dont les Turcs venaient de déposséder les Vénitiens au début de 1669.
Il tient cette "gazette" du jour du départ de la flotte française de Toulon le 21 mai 1669 juqu'au moment de la retraite, le 31 août de la même année. La tentative de "comique" se limite à des vers comme :
"La peur et les coups de mousquet / Nous guérissaient tous du hoquet".
Ce long poème (pages 1 à 82) est suivi de "L'estat du secours de mer et de terre envoyé en Candie avec les noms des officiers et volontaires de qualité qui ont fait la campagne, dont les morts sont marqués par m. et les blessez par b.", liste très détaillée des membres des "Secours de mer" et des "Secours de terre", des Mousquetaires, des Compagnies de Cavalerie légère, des différents régiments, des Commissaires des guerres, de l'artillerie, etc... (Pages 83 à 122). Le nombre de "m." et de "b." atteste de la violence des combats.
Le Chevalier de Loutaud composa (page86) dans la même veine l'épitaphe de Beaufort, amiral de la flotte des "Secours de mer" en provenance de Constantinople, disparu au combat :
"Cy git, ou plutôt ne git pas / Puisqu'on doute de son trépas
Un héros digne de mémoire, / L'invincible duc de Beaufort..."